Jésus enseigne la prière modèle (Matthieu 6 : 9-15)

Les versets 9-13 présentent ce qu'on appelle parfois - à tort- "la prière du Seigneur " En effet Jésus ne l'a jamais formulée, excepté en cette circonstance. Il vaut mieux parler du " Notre Père " ou de " la prière dominicale ". Elle a été donnée aux disciples comme modèle pour élaborer leurs propres prières. Mais il n'était pas dans les intentions du Seigneur que les chrétiens en répètent les mots exacts. Le v. 7 semble exclure cette possibilité, car des mots récités par cœur finissent par devenir des expressions vaines.

Notre Père qui es aux cieux! Nos prières doivent s'adresser à Dieu le Père dont nous reconnaissons et proclamons la souveraineté sur l'univers.
Que ton nom soit sanctifié : Débutons nos prières par l'adoration, en rendant gloire et honneur à Celui qui en est tellement digne.
Que ton règne vienne : Faisons suivre la louange d'une requête en faveur de l'avancement du règne de Dieu; nous rechercherons ainsi premièrement ses intérêts. Prions d'une manière toute spéciale pour le jour où notre Dieu Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, viendra établir son règne sur terre et régner avec justice.
Que ta volonté soit faite… : par ce vœu, nous reconnaissons que Dieu sait quels sont les meilleurs choix, et nous soumettons notre volonté à la sienne. Nous exprimons aussi le souhait de voir sa volonté acceptée dans le monde entier.
… sur la terre comme au ciel : ces mots précisent les trois requêtes précédentes. L'adoration de Dieu, l'exercice de sa souveraineté et l'obéissance à sa volonté sont des réalités au ciel. Nous prions pour qu'elles le deviennent égale sur la terre
Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien : après nous être souciés de intérêts de Dieu, nous pouvons présenter nos propres besoins. Par cette demande, nous reconnaissons dépendre de Dieu pour notre nourriture journalière, corporelle et spirituelle.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés : il ne s'agit pas ici du pardon juridique qui nous évite de devoir subir la sanction de notre péché; ce pardon est obtenu par la foi au Fils de Dieu. Jésus parle du pardon paternel, celui qui conditionne le maintien de notre communion avec le Père. Si les chrétiens ne sont pas disposés à pardonner à ceux qui les offensent, comment peuvent-ils prétendre vivre en communion avec leur Père qui leur a généreusement pardonné leurs fautes?
Ne nous induis pas en tentation… : cette requête semble contredire Jacques 1 :12 qui affirme que Dieu ne tente personne. Mais Dieu permet que ses enfants soient testés et éprouvés. Par cette prière, nous exprimons une salutaire défiance vis-à-vis de notre propre capacité à résister à la tentation et à tenir bon dans les épreuves. Nous comptons entièrement sur le Seigneur pour être préservés.
… mais délivre-nous du malin : telle est la prière de tous ceux qui souhaitent désespérément être gardés du péché par la puissance de Dieu. C'est le cri du cœur pour être délivrés chaque jour de l'emprise du péché et de Satan.
Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen! Cette dernière phrase absente dans de nombreux manuscrits anciens, est omise dans les Bibles catholiques romaines et dans la plupart des versions protestantes modernes. Pourtant, une telle doxologie constitue une conclusion parfaite au " Notre Père " et figure d'ailleurs dans la majorité des manuscrits. Elle doit, comme l'écrit Jean Calvin, " non seulement réchauffer notre cœur et le pousser à recherche la gloire de Dieu mais aussi nous rappeler que toutes nos prières n'ont d'autre fondement que Dieu seul "

Retour