Le découragement, d'où vient-il?
Il arrive parfois comme un vent sec et aride d'un désert de solitude. Quelque chose se met à dépérir en soi. À d'autres moments, il ressemble plutôt à une brume glacée qui s'insinue par toutes les pores, nous engourdit l'esprit et nous obscurcit le chemin.
Qu'est-ce qui fait que le découragement dépouille la vie de toute joie et nous laisse un sentiment de vulnérabilité et d'insécurité?
Je n'en connais pas toutes les raisons. La plupart me sont même inconnues, mais j'en connais au moins une: ne pas avoir de refuge. Les refuges se font rares de nos jours… je parle de gens qui se donnent la peine d'écouter, qui savent garder un secret. On a tous besoin d'un port où se retirer quand on se sent usé par les intempéries, battu par l'orage.
De quel côté regardes-tu quand le sol se dérobe sous tes pas? Ou quand tu es confronté à une situation embarrassante? De quoi as-tu besoin quand les digues fragiles de ta vie sont entamées par les circonstances et que la douleur et la confusion menacent de tout submerger?
Tu as besoin d'un refuge, de quelqu'un qui écoute et qui comprenne.
Vers qui vas-tu quand il n'y a personne à qui raconter tes ennuis? Où trouves-tu de l'encouragement?
Je voudrais attirer ton attention sur un homme qui s'est tourné vers le Dieu vivant et a trouvé en Lui un lieu de repos et de réparation. Son nom? David. Acculé au pied du mur, meurtri par l'adversité et luttant pour surmonter la mauvaise image qu'il avait de lui-même, il a écrit ces mots dans le journal de ses malheurs:
À bout de force et blessé dans son esprit, David crie qu'il a besoin d'un "refuge". En hébreu, le mot suggère un endroit protecteur, un lieu sûr et secret. Il dit au Seigneur qu'Il est devenu, Lui Yahvé Dieu, son refuge. En Lui cet homme affligé a trouvé encouragement.
Et maintenant la question: pourquoi a-t-on besoin d'un refuge? La lecture de ce psaume me révèle trois raisons.
Premièrement: parce qu'on est dans la détresse et le chagrin.
"Aie pitié de moi, Éternel! Car je suis dans la détresse; j'ai le visage, l'âme et le corps usés par le chagrin. Ma vie se consume dans la douleur" (Psaume 31: 10-11a)
On pleure à en avoir les yeux rouges. On est écrasé sous le poids du chagin. La dépression, ce serpent du désespoir, se coule silencieusement dans l'âme par la porte de derrière.
"La dépression, mélancolie grandissante qui affaiblit et renverse.
C'est se déplacer pesamment dans l'épicerie, incapable du choix le plus simple. Incapable de trouver la monnaie correcte.
C'est voir la maison dans un désordre incroyable. Des piles de linge, du travail en retard sans pouvoir lever le petit doigt.
C'est se demander si Dieu s'en préoccupe, douter quand je prie.
C'est rester assis les yeux dans le vague.
Souhaiter désespérément de quitter la race humaine"
Deuxième raison d'un besoin d'un refuge:
Parce que nous sommes pécheurs et que notre culpabilité nous accuse.
"Ma force est épuisée à cause de mon iniquité, et mes os dépérissent" (Ps 32: 11b)
Il y a de la honte dans ces lignes.
De la gêne: "c'est ma faute". Qu'il est dur de sortir ces mots! "C'est à moi qu'il faut s'en prendre". Harcelé et hanté par le chagrin qu'on s'est imposé à soi-même, on cherche désespérément un endroit pour se cacher. Cependant, le coup le plus cruel, c'est peut-être des autres qu'on le reçoit.
Troisièmement, parce qu'on est entouré d'ennemis et assiégé par l'incompréhension.
"Tous mes adversaires m'ont rendu un objet d'opprobre, de grand opprobre par mes voisins, et de terreur pour mes amis; ceux qui me voient dehors s'enfuient loin de moi. Je suis oublié des cœurs comme un mort, je suis comme un vase brisé. J'apprends les mauvais propos de plusieurs, l'épouvante qui règne à l'entour, quand ils se concertent ensemble contre moi: ils complotent de m'ôter la vie" (versets 12-14)
As-tu remarqué comment les blessures sont décrites?
"L'opprobre… la terreur… ceux qui me voient s'enfuient… je suis oublié… j'apprends les mauvais propos… l'épouvante… il se concertent contre moi…"Est-ce que ça ressemble à une page de ton journal?
Les gens découragés n'ont pas besoin de critiques. Ils souffrent assez comme cela. Ils n'ont besoin ni de culpabilité ni d'angoisse en plus. Ils ont besoin d'encouragement. Ils ont besoin d'un refuge.
D'un endroit pour se cacher et guérir.
D'une personne de bonne volonté, pleine d'amour et disponible, d'un confident et compagnon d'armes.
Tu n'en trouves pas? Pourquoi ne pas partager le refuge de David? Celui qu'il appelait ma force, mon rocher, ma forteresse, ma place forte, ma tour. Le refuge de David ne lui a jamais fait défaut. Pas une seule fois. Il n'a jamais regretté les fois où, abandonnant son lourd fardeau, il a couru se mettre à l'abri.
Vrai repos, paix parfaite et bonheur, sous les ailes du Seigneur!
C'est à l'ombre de tes ailes
Qu'on trouve la paix…
Les oiseaux dans leurs nids frêles,
Sous les plumes maternelles,
Ne s'épouvantent jamais:
Ils dorment en paix!
Vrai repos, paix parfaite et bonheur, sous les ailes du Seigneur!
C'est à l'ombre de tes ailes
Qu'est le vrai bonheur.
Toutes choses sont nouvelles,
Et c'est la vie éternelle,
Que d'être près de ton cœur!
C'est le vrai bonheur!
Vrai repos, paix parfaite et bonheur, sous les ailes du Seigneur!